Entretien d’embauche: vérité ou mise en scène ?

Source: Geneva Business News

Texte de: Elodie Bertacchi

De plus en plus de professionnels attirent l’attention sur le fait que le langage du corps est une mine d’informations pour qui sait le décrypter. En effet, même si nous pensons avoir répondu de la meilleure manière possible aux questions posées par le recruteur, notre langage non verbal en dit long sur notre état d’esprit et peut même parfois trahir les personnes les plus habiles. Mais alors ? Revêtir sa « tenue de pingouin » préférée et parcourir le Larousse à la recherche de mots élaborés ne suffit-il pas ? Pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde la tâche semble ardue.

Lâchez prise!

Beaucoup de personnes voient l’entretien d’embauche comme un combat, un jugement et vivent le refus du recruteur comme un rejet personnel. Il est difficile d’imaginer cette discussion comme étant un simple échange donnant la possibilité à deux individus de se rencontrer. Pourtant, il semblerait que la clé du problème se situe justement à ce niveau. Vous est-il déjà arrivé de vous voir proposer un poste pour lequel vous n’étiez absolument pas intéressé ? Pourquoi, selon vous ? Parce que lors de l’entretien d’embauche, vous vous êtes montré naturel, étant donné que vous ne ressentiez aucune pression pour obtenir le poste. Vous n’aviez donc rien à perdre.

Bien préparer son entretien se passe avant tout dans la tête. Pour se faire, il faut vous mettre dans la position du recruteur et vous poser les quatre questions fondamentales suivantes:

  • Qui êtes-vous ? (savoir-être, personnalité, valeurs, intérêts, aptitudes)
  • Pourquoi êtes-vous là ? (type d’activité, objectif, produit, entreprise, secteur)
  • Que pouvez-vous m’apporter ? (savoir-faire, expérience)
  • Combien allez-vous me coûter ? (salaire, formation, durée, engagement, stage)

Entrez en scène

Voici quelques petits conseils basiques, mais sur lesquels il est bon d’insister:

  • Lors de votre rencontre avez votre interlocuteur, serrez-lui la main en le regardant dans les yeux et en lui souriant, vous ne risquez rien.
  • Prenez le temps de bien vous asseoir sur votre chaise, ne soyez pas timide et occupez pleinement votre espace.
  • Évitez d’entortiller vos doigts dans vos cheveux, car vous pourriez perdre en crédibilité.
  • « Trop de gestuelle tue la gestuelle ». Si vous aimez parler avec les mains, veillez tout de même à ne pas aveugler votre interlocuteur en lui mettant votre doigt dans l’œil, ou vous vivrez un grand moment de solitude.
  • Exit le chewing-gum ! Si vous avez peur d’avoir une haleine horrible, mâchez-en autant que vous voulez, mais crachez-le AVANT d’entrer chez le recruteur.
  • Ne vous tenez pas la tête dans les mains, vous n’êtes pas sur un banc d’école.
  • Soyez conscient que le fait de croiser les bras durant votre entretien peut parfois véhiculer un message de fermeture à la personne vous faisant face.
  • Veillez à vous vêtir en fonction du style de l’entreprise dans laquelle vous êtes attendu et de manière suffisamment neutre pour ne pas attirer l’attention sur autre chose que vos compétences professionnelles.

Prenez le lead

Si vous sentez que le recruteur vous pose des questions trop vagues ou s’égare, n’hésitez pas à dynamiser la discussion en lui posant des questions liées à l’entreprise, à l’équipe et à leurs méthodes de fonctionnement. Focalisez-le sur ses besoins, cela démontre votre intérêt pour l’entreprise et pour le poste. Veillez cependant à ne pas accaparer la discussion, ni à entrer dans des anecdotes trop personnelles.

Ne vous laissez pas impressionner

Certains recruteurs utilisent l’intimidation pour évaluer la réaction de leur éventuel futur employé en cas de conflits ou de stress. Bien que cela soit une méthode assez radicale et relativement désagréable à vivre, veillez à ne pas rentrer dans leur jeu. Ou plutôt, une fois leur stratagème découvert, entrez dans la danse et dites-leur ce qu’ils veulent entendre. Ne perdez pas votre sang froid, restez professionnel, parlez calmement, soyez factuel, donnez des exemples vérifiables, proposez-leur de discuter avec des personnes pouvant se porter garantes de votre travail. En bref, rassurez-les.

Mais alors, est-ce qu’une personne connaissant le langage du corps fera meilleure impression ?

Comme dans une « parade amoureuse », il s’agit d’attirer l’autre en s’adaptant à sa gestuelle. Le candidat doit être attentif à la manière dont la communication se déroule avec le recruteur. Il doit observer, scruter, analyser son interlocuteur pour se positionner par rapport à lui. Cela s’appelle la technique de la calibration. Si le recruteur croise les jambes, le candidat peut le faire également. En revanche, si le recruteur s’exprime avec des gestes amples et que le candidat s’exprime par de petits gestes, il existera un décalage. Attention, il ne s’agit pas d’imiter ou de mimer la personne en face de soi. Cela doit rester naturel et imperceptible. C’est un langage inconscient.

Et ensuite ?

Finalement, rappelez-vous que le succès d’un entretien d’embauche ne dépend pas uniquement de vous. Il n’existe pas de formule magique, ni de recette miracle pour réussir avec certitude, car la subjectivité occupe également une place non négligeable dans ce processus. En effet, la décision du recruteur dépendra de ses goûts et de son appréciation personnelle. Ne vous formalisez donc pas si vous recevez une réponse négative, même si cela peut paraître décourageant. Dites-vous ce n’était pas le bon moment, que ce poste n’était pas fait pour vous et que la roue finit toujours par tourner.

Ces propos ont été recueillis durant le Salon de la Formation 2014, lors d’un atelier sur le thème de l’entretien d’embauche, animé par Christophe Béguin de la société AskFor.

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